lundi 7 janvier 2019

Déclamer

Parce que les lire,
C’est ce les approprier,
Comme j’ai fait mienne,
L’idée de vous appartenir.
Parce que les apprendre,
C’est se lier à eux,
Aussi bien que ces cordes,
Que vous tissez autour de moi.

Parce que les prononcer,
C’est affirmer haut et fort,
Sur la place publique,
Mon désir d’abandon.
Parce que les écrire,
C’est graver sur ma peau,
Corps et âme,
Ma volonté d’appartenance.

Parce que les vivre,
C’est comme un cadeau,
Que la vie aurait concocter,
Car elle sait être belle.

Alors pour vous...


Maître,
Je vous appartiens,
Et même si je me sais rebelle,
Par vos mises à l’épreuve,
Je veux bien être domptée,
Pour faire votre fierté.

Maître,
Je ne suis pas la plus belle
Mais sur vos instructions,
Je veux bien me transformer,
Même me travestir,
Pour briller dans vos yeux.
Maître,
Je vous suis dévouée,
Et si telle est votre plaisir,
Je veux bien être cette putain,
Qui dans son art,
Saura aiguiser vos désirs.

Maître,
Accrochez cette laisse à mon cou,
Car je veux vous accompagner,
Sur ce chemin si riche d’intensité,
Que nous découvrons ensemble.

Maître,
Prenez mon corps,
Usez-en sans concession,
Comme objet de plaisirs,
En tribut à mon enseignement.

Maître,
Veillez sur moi,
Car je veux être fière,
En dépit de toutes mes lacunes,
D’être votre bien le plus précieux.

Votre soumise,
Qui par ses mots ce soir,
Sollicite le privilège
De se blottir nue….
… A vos pieds !

vendredi 28 décembre 2018

Enchaînée


Dans l’obscurité du bandeau
Entendre le cliquetis du métal
Comme un ruisseau qui chute
Les chaines se déploient
Chemin qui se trace
Sur ta peau les frissons
De ces maillons,
Qui l’un après l’autre,
Dépose son baiser glacé
Dans ce bruit de crécelle
Les mâchoires d’acier se referment,
D’abord sur tes poignets rassemblés,
Puis sur tes chevilles ramenées.
Traînant à présent
Le poids du servage,
Qui tinte sur le sol,
A chacun de ces pas,
Qui te mène au supplice
Rassemblée,
Ramassée,
Renversée,
Au pilori de mes désirs sadiques
Entre frisson et lave en fusion
Ouverte dans l’indécence
Aux vents cinglants du cuir,
Comme à la caresse possessive
Qui ouvre ton sexe avec ces maillons d’acier
A la recherche de ses parfums de plaisir,
Chienne, selon sa volonté
Crie, 
Souffre,
Jouis pour lui,
D’avoir tant été,
Usée et possédée,
C’est le con béant,
La peau meurtrie,
Les cuisses dégoulinantes,
Avec sur les lèvres
Ce goût acidulé,
De foutre et de cyprine mêlés,
Qu’il te laisse à terre,
Au pied du lit, 
Sur cette couche spartiate,
Toujours sous la contrainte des chaines,
Chauffées à blanc par tant d'ébats.
Sous la couverture rêche,
Le corps ramassé,
Chienne entravée,
Retenue au sol par ta laisse
Abandonnée dans l’obscurité de la nuit,
Tu retrouves la paix,
Seule mais pourtant si près de lui,
Encore habitée de ses bras,
Ce bourreau pour qui cette nuit,
Tu veux en conscience,
Dans la douceur de tes rêves,
Ne plus être que …
…L’esclave.

dimanche 2 décembre 2018

Le sceptre

Noble.
Regarde-la avec déférence,
Manipule-la avec attention,
Quand tu en reçois la consigne.
Elle est l’instrument de son pouvoir
Reconnais la!
Photo PSganarel
Douce comme le cuir qui la gaine,
Dure comme son âme en bois,
Froide comme l’acier qui la couronne,
Longue comme le bras de ton maître,
Légère quand elle est posée sur tes mains,
Cinglante quand elle fend l’air avec fougue.
Elle est née pour l’autorité.
Acceptes la!

C’est à genoux,
Dans ta plus belle tenue de chienne,
Que tu feras sa connaissance.
Les mains à plat tournées vers le ciel,
Levée au-dessus de ta tête baisée.
Tu la reconnais,
Comme l’instrument de son pouvoir
Quand sur tes mains elle se pose légère
Descend-la à la hauteur du visage,
Pour admirer sa beauté,
Et pour l'embrasser avec vénération,
Respecte la.!
Prend la entre tes dents,
Comme on prend le mord,
Pour te mettre à quatre pattes.
Avance doucement vers cette table basse,
Qui te fera un très beau pied d'estale.
Pose-toi dessus
Reprend la doucement avec ta main,
Pour la poser sur ton dos,
Au creux de tes reins,
Pour faire l'offrande de ton corps à sa morsure,
Appelle la !

Quand la main la reprend,
Pose ta tête sur le plateau,
Les fesses maintenues en l’air,
Et attend sa décision,
Archer dans les mains du maître
Pour glisser sur ta peau,
Et s'immiscer dans le creusé humide,
De ton intimité exposée,
Retrouve ses sensations d’indécence,
Qui font vibrer ton âme.
Chante-la !

Photo prise chez "Confusion des sens"
Sache qu’à la première déviation,
A la première rebuffade,
Ses morsures sur ta peau blanche,
De la pointe de tes seins,
Au galbe de tes fesses,
Peuvent te rappeler ton devoir,
Te remettre sur ce chemin,
Tracé pour toi
Gardes-en les stigmates,
Souvenir de l’attention qu'il te porte,
En juste châtiment,
Reçu de main de maître.
Crains-là.


Réjouis-toi de la revoir,
Sceptre de pouvoir,
Car après tout,
Elle est surtout le signe,
Que tu es à ta place,
Aux pieds de son maître,
Docile et mutine,
Caressée ou cravachée,
Mais heureuse d’être sous son autorité,
Et tellement …

Photo prise chez "Il mundo di una Donna"
…Sienne.


dimanche 25 novembre 2018

Aller et retour


Les kilomètres défilent,
Sous les lumières crues du petit matin,
S’arracher au quotidien,
Revendiquer le droit à la déconnexion,
Couper ces liens tenaces,
Pas états d’âme,
Liberté de choix,
Quitter la grisaille,
Changer d’air pour se retrouver,
Ouvrir les espaces,
Être soi.

Photo PSganarel
Retrouver la lumière,
De ces yeux qui pétillent,
Dans ton sourire,
Sentir la chaleur qui gronde,
Désir d’autorité,
Volonté d’abandon,
Appel de ces joutes possessives,
Besoin d’être marquée,
Empreintes à garder,
Pour ne pas oublier,
Douleur,
Plaisir,
Vivre nous.
Émouvoir.


L’esprit se perd,
A vouloir lier à ce corps
Imaginaire assassin,
Qui peine à trouver les ancrages,
Et ne suffit plus à nourrir ce besoin d’âme,
Retrouver le parfum des cordes,
La froidure du métal,
En contraste avec le feu de ce dragon,
Qui se consume dans l’absence,
Et pourtant savoir qu’au contact de cette peau,
Elles trouveront leur place,
Lier.
Photo PSganarel
Quand le froid gagne dehors,
Et nappe le sol de ses premières dentelles,
Retrouver le huis-clos de la chambre.
Dans la chaleur retrouvée,
Te remettre au milieu du cercle,
Espace d’expression de ton abandon,
Soumise aux désirs possessifs,
Morsures du loup avide,
De ton corps,
De ton âme,
Dans cet espace hors du temps
Où il fait si bon nous perdre.
Prendre.

Actes fauves ou barbares
Consentis par un esprit rebelle,
Où cris et soupirs trouvent à s’exprimer,
Au rythme cadencé,
De cuir et de rock mêlés.
Ton corps marqué,
Entre mes bras contenu,
Livre dans ces derniers soubresauts
Les larmes d’un lâcher-prise espéré
Pour étancher la soif de ce maître
Qui t'aspire et te boit.
Exulter.

Photo PSganarel 
Des cimes enneigées,
Par les premiers assauts de l’hivers
Redescendre doucement d’un nid,
Qu’il faut se décider à quitter
Le corps fourbu de nos joutes animales
L’esprit ivre de sensations,
Goutter l’accord,
Pour un moment de vie,
Touristes d’un lieu inconnu,
Pourtant déjà si familier
Complices d’une échappée belle,
Ô combien interdite,
Et pourtant délicieuse de sérénité.
Savourer.


Doucement,
Reprendre les distances,
Résister à nouveaux aux appels,
De ces pensées dévorantes,
Devenues soudain impératives,
A l’idée d’une nouvelle absence.
Une annonce fatale,
Une porte qui se referme,
Sur ces terribles « au revoir »,
Qu’on ne voudrait pas devoir prononcer,
Et qui demande déjà un demain.
Appeler.
 
Photo PSganarel
Une fois encore,
Avec ce goût de manque,
Qui étrangle les sons,
Le train file dans la nuit.
Dans la tête,
Les images de ces instants heureux,
Les mots courent sous la plume,
Pour ne pas oublier,
Et prolonger encore un peu,
La douce sérénité de ce nous.
Les kilomètres défilent,
Toujours plus vite,
Dans ce retour à une réalité,
Que je ne veux pas presser,
Et pourtant, au point de départ
Certes, revenir,
Mais toujours plus riche de ce nous.
Alors encore,...
Photo PSganarel
...Désirer!























jeudi 25 octobre 2018

Toile


A la table de ce restaurant
Habillée d’une tenue légère,
Pour cette soirée d’été,
Le cou orné de ton collier de chienne,
Et de ces rets noirs, 
De ton harnais de chanvre,
Visible de tous,
Qui descendent le long de ton cou,
Et plongent sous le voile de ton corsage,
Partie émergée d’un iceberg,
Qui se repend tentaculaire,
Autour de toi.
Comme derrière une cage,
Sur ta peau se dessine,
Ce motif hypnotique,
Qui habille ton corps,
Prisonnier et exhibé,
Ajusté à même la peau,
Inquisiteur, 
Quand à chaque mouvement,
Il te rappelle à lui,
Omniprésent, enveloppant,
Comme des mains sur ton corps.
Dans une indécence possessive.

Patiemment lacée,
Tu aimes vivre ces moments,
Où avec attention, 
Il œuvre avec la corde,
Araignée tissant sa toile,
Agrémentée de quelques nœuds,
Le serpent noir se glisse
De ton cou à ton sexe
Passant sur ta raie
Pour remonter dans le dos.
Dans un tissage serré,
D’arrière en avant,
Et quadrille ta peau
Sans t’immobiliser,
Pour te faire un harnais de chienne.
Le regard attentif,
Au placement des liens,
Aux mouvements des doigts,
Experts à construire ces nœuds
La main ferme pour serrer la corde
 Et emprisonner tes chairs.
Il n’y a pas de place au doute,
C’est ton corps qu’il possède
Et qu’il imprime de sa marque

Tu imagines par avance,
Ta peau qui s’imprime,
De l’empreinte de ces liens,
Comme ton âme s’enivre,
Des sensations de l’abandon,
Stigmates que tu voudrais savoir imprimés à vie
Pour garder la présence sur toi
Comme chaque jour, avec patience,
Il te modèle.

Pour le moment
S’habiller comme à sa demande
Les cordes remplaçant,
Dans une délicieuse sensation de liberté,
Les sous-vêtements du quotidien,
Exhibant le corps au lieu de l’étouffer.
A chaque mouvement,
Les cordes trouvent peu à peu leur place,
Soulignant le galbe de tes seins
A en faire tendre les pointes
Ou s’immisçant entre tes lèvres,
Jusqu’à en exciter ta perle.
Tu mouilles.
A chaque pas, il est là,
Complice et possessif sous son regard
Toujours plus fière d’appartenir
A vouloir toujours plus le revendiquer
Le ventre frissonnant d’être plus encore
L’indécent objet de son désir de maître.

Car bientôt,
Dans le secret de l’alcôve
Ce sont ses mains puissantes
Qui s’accrocheront à ces mailles
Pour prendre possession de ton corps
Et te besogner avec énergie
Appelant avec toujours plus de force
Dans ses rugissements mâles
L’objet de plaisir qu’il aura désiré
A force de la regarder,
Pendant tout un repas,
...Dans sa toile!