mardi 11 juin 2019

Fenêtre sur cour


Derrière les façades urbaines
Être l’observateur silencieux,
Mais au combien attentif,
De ces moments du quotidien,
Exposés au grand jour,
Ou de ces joutes,
Qui se laissent deviner,
Et qui enflamment les sens.
Le déplacement d'une silhouette,
Dans l'embrasure d'une fenêtre,
Pour éveiller l'attention,
Inutile de tout voir,
Car l’esprit est fertile,
Pour donner un scénario,
Au film de nos pensées.

Juste quelques gestes,
La rencontre de deux corps,
Un port audacieux,
Un vêtement jeté nonchalamment,
Et les murs s’effacent,
Pour que sur l’écran de l’imaginaire,
Se projette le film hypnotique,
de ces enlacements érotiques.
Photo psganarel
Si la proximité le permet,
Le mouvement des lèvres,
Permet de lancer la bande son,
De ces soupirs concupiscents,
Ou de quelques mots crus,
Qui ont ce pouvoir étonnant,
D’enflammer les sens.

Parfois, Devant une porte fenêtre,
Les mouvements en transparence,
Révélent les moments les plus intenses
De ces joutes animales,
Où les corps se plaquent
Et avec les plus belles ardeurs
Et se prennent à cru.
Photo psganarel
Plaisirs caudalistes,
A chercher derrière ces façades,
L’intimité des autres,
Offerte à leur insu,
Ou en parfaite conscience,
Dans une exhibition libertine,
Proposée à qui veut l’apprécier.

Derrières les fenêtres de vos vies,
Ayez l’audace de vous mettre en lumière,
Osez être les acteurs épanouis,
Du film de vos passions.
Peut-être y trouverez-vous,
Un public …

dimanche 12 mai 2019

Dans l’ombre de tes pas


Photo PSganarel
Il est là,
Tu le sais,
A emboîter tes pas,
Dans ton univers,
Invisible,
Mais si présent.
L’espérer au détour d’une rue,
Le penser derrière la fenêtre de ce bureau,
Où tu essayes de l’oublier dans le travail.
Prenant,
Et pourtant inaccessible, 
Pendant ces quelques jours
Il est là, si proche.
Toujours plus
Photo PSganarel
Oui, il est là, 
Espérer croiser son regard,
Et dans le même temps,
Le redouter,
Partout cette empreinte de lui,
Un commentaire,
Une image,
Un objet laissé là,
Un parfum peut être,
Comme un jeu de piste,
De ces petits cailloux,
Qu’il sème sur son passage
Pour te faire sentir,
Qu'il resserre ta laisse,
Autour de ta gorge.
Photo PSganarel
Oui, il est toujours là,
Quotidien troublé,
De cette présence,
Chaque jour plus prenante,
Entêtante.
Comme la biche,
Sent la meute se rapprocher,
Toujours plus proche,
Toujours plus vital,
Avec ce désir de voir,
De savoir,
D'aller le retrouver,
Ne pas oser,
Et pourtant le penser.
Photo PSganarel
Vraiment, Il est là.
Dans l’ombre tes pas,
Se laisser rattraper
Mieux, se retourner,
Et voir venir.
Attendre tapie dans l’ombre,
Espérant inverser les rôles,
Découvrir le visage du chasseur,
De sa meute.
Quand enfin tu les vois,
Si proches et pourtant inaccessibles,
Craignant d’être dévoilée,
Tu recules.
Juste frôlée dans ta fuite,
Un contact inespéré,
Presque innocent,
Te laisse déjà ce gout d’inachevé.
Il est là et pourtant,
Devoir repartir,
Essayant d’étouffer,
Ce sentiment de frustration,
De n’avoir pu te mettre à ta place,
Au creux de ses bras.
Alors, 
Pour oublier la frustration,
Les regrets,
La solitude de l’âme,
Dans l’anonymat du quotidien,
Se réfugier pour oublier.
Photo PSganarel
Heureusement, il est là!
Dans ce supermarché,
Quand une main anonyme
Vient rattraper la tienne,
Incrédule, tu te retournes.
Émotion d’un souffle,
D’un baiser volé,
Chaleur qui étourdit,
Joie pure d’avoir été rattrapée,
C’est bien lui qui vient prendre,
Ce à quoi tu n’espérais plus,
Et marquer de son empreinte,
Ton espace, ton quotidien...
« Viens ma chienne ! »



dimanche 28 avril 2019

La lame


Allongée,
Sur ton corps immobile,
Enserré dans les cordes ,
Une main experte,
Promène sur ta peau blanche,
Le fil acéré de cette lame,
Scintillante.

Longue et glaciale,
Sur ta peau,
Encore bouillonnante,
Des épreuves imposées,
L’acier glisse sans hésiter,
Sur ce chemin tracé,
Qui part de ton pubis,
Et remonte vers tes seins,
Acérée.

A la rencontre de ces larmes,
Reliefs d’une douce épreuve,
Cire restée figée,
Ça et là sur ton corps.
Le tranchant implacable se faufile,
Au ras de l’épiderme,
Décapitant l’obstacle,
Pour ne laisser qu’une empreinte invisible,
Chirurgicale.

Dans l’impuissance des cordes,
Sur le lobe de ton sein,
La peau tendre frémit,
De ce survol périlleux,
Réalisé d’un geste sûr,
Quand l’esprit  sadique,
Laisse imaginer le pire.
Menaçant.
Le téton éprouvé,
Pris dans sa gangue de cire,
Se tend d’effroi,
Tant il se sent fragile,
A l’idée d’être ainsi défloré.
Pourtant,
Incapable de s’opposer,
Il s’abandonne au couperet,
Fatal.

C’est doucement pincé,
Entre des lèvres gourmandes,
Qu’il relève la tête.
Ce sein emprisonné,
Par la main du maître,
Qui pris d’un appétit primal,
Pose la pointe de la lame,
Sur cette tendre courbe,
Volontairement insistante,
Pour t’arracher un dernier cri,
Sacrificiel.
Le premier sang,
Rouge carmin,
Perle doucement,
Sur ta peau diaphane,
Et c’est une bouche avide,
Qui vient le boire,
Pour étancher cette soif,
Et te posséder toujours plus,
Vampire…
…De toi !


lundi 15 avril 2019

La gifle



Tu ne l’attendais pas.
Ils t'ont surpris.
Tu n'as pas vraiment mal,
Mais ta main veut passer,
Là où ils se sont abattus,
Et si ta joue en rougit,
Ce n’est pas tant l’empreinte de ces doigts,
Que ce sentiment d’humiliation,
Qu’il faut y lire.
Dans ton regard interrogatif,
Peut-être embué de larmes,
Point de révolte,
Mais le reflet d’un esprit en tumulte,
De ces pensées qui tourbillonnent,
Comme dans une bulle à neige,
Tout juste renversée.
  
Auras-tu franchi une limite ?
Ne l’oublie jamais,
Il n’y a pas d’âge pour les leçons,
Rappelle-toi où sont tes devoirs.
Ces règles partagées une à une,
Qui constituent le cadre de ta soumission,
Et reprend toi sans objecter.

Aura-t-il voulu jouer de son pouvoir ?
Parce que cette épreuve,
Humiliante pour toi qui a vécu,
Fait partie de ton dressage,
Refrène le sentiment de révolte,
Chienne aux devoirs d’obéissance,
Accepte-le comme une marque d’attention.
Aura-t-il voulu te rappeler ton engagement ?
Rappelle-toi où est ta place,
Celle qu’il t’a proposé,
Et que par serment,
Tu as accepté corps et âme.
Reçois-la comme un gage d’affection,
Et remercie le d’être à tes côtés.

Te faut-il tendre l’autre joue ?
Esprit rebelle.
Parce qu’il te plait de le provoquer,
Mais soit en sûr,
Il saura la prendre si c’est sa volonté,
Et elle sera moins clémente.

Donnée sous le coup de la colère ?
Il ne saurait en être question.
Parce que pour ton maître
C’est le contrôle et le respect
Qui légitiment ce pouvoir.
Tu auras la réponse à ces questions,
Et s’il le faut,
Baisse la tête en signe d'acceptation,
Embrasse reconnaissante,
Ces cinq doigts,
Qui ont ce pouvoir de te faire plier.
Et souris maintenant,,
Car au fond de toi,
Cette gifle …
Photo Psganarel
… Tu l’espérais !

vendredi 8 mars 2019

Peau à peau


Sous mes doigts,
Partis à l’aventure de ce corps,
Apaisé sur la couche,
Dans la pénombre du petit jour,
Douce comme une caresse,
A peine frissonnante d’avoir été dévoilée,
Tiède comme ce bon pain du matin,
Qui irradie dans la main,
Sa chaleur gourmande,
Et appelle à plus d’appétit.
Contre,
Mon corps nu qui te rejoint,
Allant au contact,
Comme aimanté pour m'attirer,
Ta peau s’imprime sur moi.
Accueillante,
Elle s’offre en douceur,
Réchauffe mon ardeur,
Et allume mon désir,
Qui se dresse contre toi.
Mes caresses possessives,
T’ouvrent lentement,
Mais avec autorité.
Mes doigts soufflent,
Sur les braises de ton plaisir,
Au son de tes premiers gémissements.
Ma bouche se fait gourmande,
Ma langue serpentine,
Pour allumer tes sens
Allumant tous les feux.

Photo Geoffroy de Boismenu
Sur les peaux qui s’échauffent,
Perlent déjà des gouttes de rosée,
Où se pâme le désir mâle,
Dure et tendre à la fois,
Glissant entre tes lèvres
S’immisçant derrières tes faibles barrières
Pour mieux te posséder.
Nos corps se cambrent,
Se mêlent dans cet incendie,
Où seul règne les feux du désir.
Nos peaux embrassées,
Lustrées de leurs jus,
Glissent l’une contre l’autre
Et claquent dans ce rythme syncopé,
De nos joutes animales,
Encore et encore.

Vient!
Nos corps se tendent.
Tes griffes se plantent
Pour mieux me retenir.
S’imprimer l'un à l’autre,
Ne plus faire qu’un.
Nos corps brûlent de ce feu divin
Et peau à peau,
Dans un dernier râle,
Ensemble...

Photo prise chez "Minhanudez"
...Jouir!

dimanche 3 mars 2019

L'araignée



Accrochée sur cette toile
Entre ciel et terre,
Il a fait de toi la reine d’un soir,
L’araignée docile et ouverte,
Sous la lumière des projecteurs,
Exposée aux regards d’un assemblée,
Affamée de désir.
Caudaliste impitoyable,
Il t’a laissée là,
Chienne à l’abandon
Les yeux bandés
Dans cette tenue légère qui n’interdit rien,
Ouverte à toute les audaces,
Sous la contrainte des liens qui t’écartèlent

Dans le silence des mots,
Offerte à la caresse inconnue,
Les mains se font audacieuses,
Embrassant les seins,
Plongeant dans le string,
Pour t’arracher tes premiers soupirs.
Hommes et femmes,
Comme avides de tes émois,
Prennent possession de ton corps.
Seuls ou à plusieurs,
D’abord par la douceur,
Puis par la force,
Sans exclure quelques tyrannies,
Mordantes ta peau.
Te voilà devenue l’esclave,
Crucifiée par cette verge conquérante,
Qui défonce au pilon,
Ton cul écartelé,
Et de ces doigts femelles,
Qui labourent ton con,
Et jouent de ta perle,
A t’en faire devenir fontaine.

Tu cries,
Tu jouis,
Tu supplies,
Pantin de plaisir,
Sous les yeux de la foule,
Aiguisés de désir,
Et tu le sais ceux de ton maître,
Qui savoure ta défaite.
Tu ne comptes plus les mains,
Les queues raides sur ton corps,
Venue te labourer, 
Te défoncer,
Et cracher leur foutre sur ta peau,
Dans le spasme musical des chaines,
Secouées de leurs assauts syncopés,
Et de tes cris de jouissances
>Quand les forces t’abandonnent,
Il te libère enfin.
C’est à ses pieds que tu le remercies,
En prenant son sexe dans ta bouche,
Jusqu’à ce qu’il t’honore de sa sève.
Fier une fois de plus...
..De son esclave!



dimanche 24 février 2019

Confirmation


Photo PSganarel
Au cœur de la nef monumentale,
Où les mélopées lancinantes,
Partent en écho entre les arches,
Pour se perdre sous la voûte élancée,
Dans cette atmosphère de recueillement,
La lueur des cierges,
Illumine les lieux d’une douce clarté.

Sur ce banc spartiate,
Face au maître autel,
Qu'il t'a désigné d'un geste,
Tu t'es assise.
Garder le silence
Mais rester à l'écoute,
Chercher dans son regard,
La réponse à ton interrogation,
Le prochain commandement.

Photo PSganarel
C'est sur cette planche,
Au pied du banc précédent,
Qu'il te veut à genoux,
Comme on se rend humble,
Pour faire pénitence.
Répondre à ses questions,
Murmurer en confession,
Ses faiblesses avouées,
Ses pensées inassouvies ,
Sa volonté d'être.

Dans cette mise à nue,
Ressentir sa main sur sa peau,
Espérer sa possession,
Appeler ses marques,
Comme un acte de contrition,
Les pensées se mêlent,
Autant que le corps voudrait s’offrir,
Indécence morale.
Photo PSganarel
Sous le regard des saints,
Avec fierté prononcer ses mots,
De cette prière inspirée,
Ô combien païenne,
Et pourtant si pleine et entière
D'un engagement sincère,
Renouveler ton désir d’appartenir,

L'esprit s'élève,
Comme les mots se mêlent,
A la musique des cantiques,
Confirmation de ton serment,
Au delà de ce collier,
Que tu arbores avec fierté.

"Oui, je suis Vôtre…
Photo PSganarel
…Mon Seigneur !"