dimanche 10 février 2019

Geisha

Assise à ta place entre ses jambes,
Où tu te niches,
Contenue par tes chaînes,
Ne plus seulement être dans l’attente,
Mais laisser parler ton désir de servir.
Nul besoin de mots pour savoir son accord.
Attendre avec patience,
Que le corps s’abandonne,
A la douce audace de tes mains,
Tendre hôtesse au service de ton guerrier.
Convaincre plutôt qu’avec force
Lever les barrières qui interdisent
Profitant de chaque mouvement,
Comme autant d’invitations à poursuivre,
Ouvrir des espaces pour libérer
Appliquée dans le silence
A rechercher de voies
Humble servante attentive à chaque signe

Chaque avancée te rapproche de l’essentiel
Sous tes doigts agiles à se faufiler,
Les formes se révèlent et se tendent
Suivre les contours,
En rechercher les crêtes et le creux
Peser doucement du plat de la main
Enserrer avec affection
La chaleur qui rayonne de ce corps,
Exhale les senteurs primaires
Aiguise ton ambition à honorer
Apprentie appliquée à son confort
Quand enfin sous tes doigts la chair est à nu.
Enfiler l’anneau d’acier qu’il te tend
Sur cette verge posée sur ta main
Bouche avide à avaler
Doigts complices à repousser
Pour piéger un à un, ces abricots tendres
Cachés au fond de ses bourses
Qui n’appelle qu’à se gonfler de désir
Tendre gourmande appliquée à l’ouvrage

Sur cette hampe qui se tend
Quand les doigts légers pianotent
Quand la bouche joue la fugue
Lécher d’une langue serpentine
Embrasser avec ses lèvres pulpeuses
Laisser glisser en bouche
Allumer les feux du plaisir mâle
Espérer l'encouragement  sur ta nuque,
D'une main qui donne le tempo
Aventurière à la découverte d’un trésor
Sans perdre de vue son regard,
Avec tes yeux pétillants d’émotion,
Œuvrer à tendre ce sexe,
Comprendre chaque mouvement de ce corps,
Les palpitations qui agitent ce phallus,
A l’écoute de ces soupirs arrachés,
De quelques mots crus,
Chaque signe raisonne en toi,
Comme autant d'encouragement,
Etudiante en recherche appliquée.

Travailler avec patience et application,
Cette queue bandée et turgescente,
Ces bourses tendues qui s’étranglent,
Dans leur anneau de contrainte
Branler en rythme dans le tintement des chaînes
Caresser d’un doigt léger
Avaler ce sexe jusqu’à sa base,
Titiller de coups de langue vicieux
Varier les manœuvres
Petite besogneuse appliquée à l’ouvrage.
Faire feux de tous bois,
Pour arriver à tes fins.
Se montrer audacieuse,
Oser de nouvelles approches,
Un doigt  enfoncé sur sa rose,
Ta bouche qui enfourne ses bourses,
Pour mieux les lécher
Salope à l’ouvrage,
Aspirant à l'ultime récompense
Ces jets de foutre sur ta peau
Que tu espères bouillant de plaisir,
Vide bourses.

Ce soir,
Heureuse dans ta soumission,
Avec ce sourire rayonnant,
Devant cette liberté accordée,
Et le devoir accompli,
Tu te sens,
L’âme dévouée,
A son seigneur et maître …
…d’une geisha !



lundi 4 février 2019

Robe


Déballer un cadeau modeste mais sincère,
Enfiler avec empressement ce vêtement,
Qui se moule sur toi comme un gant,
Lire ton bonheur dans ce sourire ému,
Recevoir la reconnaissance d'un baiser langoureux,
Voir un quiproquo naître d'un esprit rebelle,
Un fou-rire sur cette réalité incomprise.
De cette épreuve à relever,
Que tu viens de comprendre,
Et que nul mot n'accompagne.

Photo PSganarel
Dans ton regard,
Le combat contre tes propres démons,
Et ce sentiment d’indécence souhaité,
Quand au-delà du ballet de tes jambes,
Se dissimulent de si beaux trésors,
Derrière de bien faibles défenses,
Mais dont les chemins enfin dévoilés
Sont seulement connus de nous.

Au bout de mes doigts,
Voyageurs insatiables,
Partir à la découverte,
Comme on gravit patiemment,
Les marches d'un colimaçon,
De ces frontières ouvertes,
Qui dans les frimas de l’hivers,
Attisent les frissons,
Et réchauffent les désirs.
Non, ne te fermes pas.
Décroise ses jambes,
Quand assise à mes côtés
Je revendique le pouvoir,
De parcourir mon territoire,
Ou d'écarter discrètement,
Quelques dentelles importunes

Ouvre le compas de tes jambes,
Quand là debout,
Plaquée contre cette porte cochère,
Je glisse dans ton écrin,
Ce jouet taquin,
Qui viendra sans cesse,
Réaffirmer ma présence
Au plus profond de toi
Qu’il est doux ma chienne,
De te savoir ainsi accessible,
Je m’imagine, 
Le temps d’un instant,
Relever cette frêle barrière,
T’empaler sur mon dard,
Te baiser sans ménagement,
Pour exploser en toi,
Et reprendre notre chemin,
En sachant ma sève coulant,
Entre tes cuisses

Fais toi belle.
Farde-toi de belles couleurs.
Enfile ces bas,
Tes dessous de dentelle.
Chausse tes bottes cavalières.
Et fais glisser sur tes épaules,
Cette robe légère.
Laisse la descendre sur tes reins,
Car à mon bras ce soir,
Tu seras …


lundi 7 janvier 2019

Déclamer

Parce que les lire,
C’est ce les approprier,
Comme j’ai fait mienne,
L’idée de vous appartenir.
Parce que les apprendre,
C’est se lier à eux,
Aussi bien que ces cordes,
Que vous tissez autour de moi.

Parce que les prononcer,
C’est affirmer haut et fort,
Sur la place publique,
Mon désir d’abandon.
Parce que les écrire,
C’est graver sur ma peau,
Corps et âme,
Ma volonté d’appartenance.

Parce que les vivre,
C’est comme un cadeau,
Que la vie aurait concocter,
Car elle sait être belle.

Alors pour vous...


Maître,
Je vous appartiens,
Et même si je me sais rebelle,
Par vos mises à l’épreuve,
Je veux bien être domptée,
Pour faire votre fierté.

Maître,
Je ne suis pas la plus belle
Mais sur vos instructions,
Je veux bien me transformer,
Même me travestir,
Pour briller dans vos yeux.
Maître,
Je vous suis dévouée,
Et si telle est votre plaisir,
Je veux bien être cette putain,
Qui dans son art,
Saura aiguiser vos désirs.

Maître,
Accrochez cette laisse à mon cou,
Car je veux vous accompagner,
Sur ce chemin si riche d’intensité,
Que nous découvrons ensemble.

Maître,
Prenez mon corps,
Usez-en sans concession,
Comme objet de plaisirs,
En tribut à mon enseignement.

Maître,
Veillez sur moi,
Car je veux être fière,
En dépit de toutes mes lacunes,
D’être votre bien le plus précieux.

Votre soumise,
Qui par ses mots ce soir,
Sollicite le privilège
De se blottir nue….
… A vos pieds !

vendredi 28 décembre 2018

Enchaînée


Dans l’obscurité du bandeau
Entendre le cliquetis du métal
Comme un ruisseau qui chute
Les chaines se déploient
Chemin qui se trace
Sur ta peau les frissons
De ces maillons,
Qui l’un après l’autre,
Dépose son baiser glacé
Dans ce bruit de crécelle
Les mâchoires d’acier se referment,
D’abord sur tes poignets rassemblés,
Puis sur tes chevilles ramenées.
Traînant à présent
Le poids du servage,
Qui tinte sur le sol,
A chacun de ces pas,
Qui te mène au supplice
Rassemblée,
Ramassée,
Renversée,
Au pilori de mes désirs sadiques
Entre frisson et lave en fusion
Ouverte dans l’indécence
Aux vents cinglants du cuir,
Comme à la caresse possessive
Qui ouvre ton sexe avec ces maillons d’acier
A la recherche de ses parfums de plaisir,
Chienne, selon sa volonté
Crie, 
Souffre,
Jouis pour lui,
D’avoir tant été,
Usée et possédée,
C’est le con béant,
La peau meurtrie,
Les cuisses dégoulinantes,
Avec sur les lèvres
Ce goût acidulé,
De foutre et de cyprine mêlés,
Qu’il te laisse à terre,
Au pied du lit, 
Sur cette couche spartiate,
Toujours sous la contrainte des chaines,
Chauffées à blanc par tant d'ébats.
Sous la couverture rêche,
Le corps ramassé,
Chienne entravée,
Retenue au sol par ta laisse
Abandonnée dans l’obscurité de la nuit,
Tu retrouves la paix,
Seule mais pourtant si près de lui,
Encore habitée de ses bras,
Ce bourreau pour qui cette nuit,
Tu veux en conscience,
Dans la douceur de tes rêves,
Ne plus être que …
…L’esclave.

dimanche 2 décembre 2018

Le sceptre

Noble.
Regarde-la avec déférence,
Manipule-la avec attention,
Quand tu en reçois la consigne.
Elle est l’instrument de son pouvoir
Reconnais la!
Photo PSganarel
Douce comme le cuir qui la gaine,
Dure comme son âme en bois,
Froide comme l’acier qui la couronne,
Longue comme le bras de ton maître,
Légère quand elle est posée sur tes mains,
Cinglante quand elle fend l’air avec fougue.
Elle est née pour l’autorité.
Acceptes la!

C’est à genoux,
Dans ta plus belle tenue de chienne,
Que tu feras sa connaissance.
Les mains à plat tournées vers le ciel,
Levée au-dessus de ta tête baisée.
Tu la reconnais,
Comme l’instrument de son pouvoir
Quand sur tes mains elle se pose légère
Descend-la à la hauteur du visage,
Pour admirer sa beauté,
Et pour l'embrasser avec vénération,
Respecte la.!
Prend la entre tes dents,
Comme on prend le mord,
Pour te mettre à quatre pattes.
Avance doucement vers cette table basse,
Qui te fera un très beau pied d'estale.
Pose-toi dessus
Reprend la doucement avec ta main,
Pour la poser sur ton dos,
Au creux de tes reins,
Pour faire l'offrande de ton corps à sa morsure,
Appelle la !

Quand la main la reprend,
Pose ta tête sur le plateau,
Les fesses maintenues en l’air,
Et attend sa décision,
Archer dans les mains du maître
Pour glisser sur ta peau,
Et s'immiscer dans le creusé humide,
De ton intimité exposée,
Retrouve ses sensations d’indécence,
Qui font vibrer ton âme.
Chante-la !

Photo prise chez "Confusion des sens"
Sache qu’à la première déviation,
A la première rebuffade,
Ses morsures sur ta peau blanche,
De la pointe de tes seins,
Au galbe de tes fesses,
Peuvent te rappeler ton devoir,
Te remettre sur ce chemin,
Tracé pour toi
Gardes-en les stigmates,
Souvenir de l’attention qu'il te porte,
En juste châtiment,
Reçu de main de maître.
Crains-là.


Réjouis-toi de la revoir,
Sceptre de pouvoir,
Car après tout,
Elle est surtout le signe,
Que tu es à ta place,
Aux pieds de son maître,
Docile et mutine,
Caressée ou cravachée,
Mais heureuse d’être sous son autorité,
Et tellement …

Photo prise chez "Il mundo di una Donna"
…Sienne.


dimanche 25 novembre 2018

Aller et retour


Les kilomètres défilent,
Sous les lumières crues du petit matin,
S’arracher au quotidien,
Revendiquer le droit à la déconnexion,
Couper ces liens tenaces,
Pas états d’âme,
Liberté de choix,
Quitter la grisaille,
Changer d’air pour se retrouver,
Ouvrir les espaces,
Être soi.

Photo PSganarel
Retrouver la lumière,
De ces yeux qui pétillent,
Dans ton sourire,
Sentir la chaleur qui gronde,
Désir d’autorité,
Volonté d’abandon,
Appel de ces joutes possessives,
Besoin d’être marquée,
Empreintes à garder,
Pour ne pas oublier,
Douleur,
Plaisir,
Vivre nous.
Émouvoir.


L’esprit se perd,
A vouloir lier à ce corps
Imaginaire assassin,
Qui peine à trouver les ancrages,
Et ne suffit plus à nourrir ce besoin d’âme,
Retrouver le parfum des cordes,
La froidure du métal,
En contraste avec le feu de ce dragon,
Qui se consume dans l’absence,
Et pourtant savoir qu’au contact de cette peau,
Elles trouveront leur place,
Lier.
Photo PSganarel
Quand le froid gagne dehors,
Et nappe le sol de ses premières dentelles,
Retrouver le huis-clos de la chambre.
Dans la chaleur retrouvée,
Te remettre au milieu du cercle,
Espace d’expression de ton abandon,
Soumise aux désirs possessifs,
Morsures du loup avide,
De ton corps,
De ton âme,
Dans cet espace hors du temps
Où il fait si bon nous perdre.
Prendre.

Actes fauves ou barbares
Consentis par un esprit rebelle,
Où cris et soupirs trouvent à s’exprimer,
Au rythme cadencé,
De cuir et de rock mêlés.
Ton corps marqué,
Entre mes bras contenu,
Livre dans ces derniers soubresauts
Les larmes d’un lâcher-prise espéré
Pour étancher la soif de ce maître
Qui t'aspire et te boit.
Exulter.

Photo PSganarel 
Des cimes enneigées,
Par les premiers assauts de l’hivers
Redescendre doucement d’un nid,
Qu’il faut se décider à quitter
Le corps fourbu de nos joutes animales
L’esprit ivre de sensations,
Goutter l’accord,
Pour un moment de vie,
Touristes d’un lieu inconnu,
Pourtant déjà si familier
Complices d’une échappée belle,
Ô combien interdite,
Et pourtant délicieuse de sérénité.
Savourer.


Doucement,
Reprendre les distances,
Résister à nouveaux aux appels,
De ces pensées dévorantes,
Devenues soudain impératives,
A l’idée d’une nouvelle absence.
Une annonce fatale,
Une porte qui se referme,
Sur ces terribles « au revoir »,
Qu’on ne voudrait pas devoir prononcer,
Et qui demande déjà un demain.
Appeler.
 
Photo PSganarel
Une fois encore,
Avec ce goût de manque,
Qui étrangle les sons,
Le train file dans la nuit.
Dans la tête,
Les images de ces instants heureux,
Les mots courent sous la plume,
Pour ne pas oublier,
Et prolonger encore un peu,
La douce sérénité de ce nous.
Les kilomètres défilent,
Toujours plus vite,
Dans ce retour à une réalité,
Que je ne veux pas presser,
Et pourtant, au point de départ
Certes, revenir,
Mais toujours plus riche de ce nous.
Alors encore,...
Photo PSganarel
...Désirer!